- Nom de naissance : Nettie Maria Stevens
- Naissance : 7 juillet 1861, Cavendish (Vermont)
- Décès : 4 Mai 1912 (50 ans), Baltimore
- Nationalité : États-Unis
Se battre pour le droit de chercher
Nettie Stevens n'était pas seulement une brillante biologiste : c'était aussi une femme qui, au début du XXe siècle, a dû se battre pour avoir le droit de faire de la science. À une époque où les universités admettaient à peine les femmes et où les laboratoires leur étaient fermés, elle a réussi à obtenir un doctorat et à se faire une place dans le monde de la recherche. Sa détermination était un premier acte de défiance face au système.
1905 : La découverte qui change tout
En étudiant des vers de farine, elle fait une observation fondamentale : elle démontre que le sexe biologique est déterminé par les chromosomes. Plus précisément, c'est le chromosome Y, transmis par le père, qui donne naissance à un individu mâle. Ce résultat allait poser les bases de la génétique moderne.
"Ce n'est pas juste une affaire entre deux scientifiques, c'est un reflet d'un système sexiste."
L'effacement : un mécanisme, pas un accident
Malgré l'importance de sa découverte, son nom a rapidement disparu des mémoires. Thomas Hunt Morgan, un chercheur bien plus influent, a repris ses idées, les a intégrées à ses propres travaux, et a fini par recevoir le Prix Nobel en 1933. Nettie Stevens, elle, n'a jamais été récompensée.
Il serait facile de dire que Morgan lui a "volé" la découverte, mais la réalité est plus complexe. Le problème n'est pas tant Morgan que le système qui l'entoure.
Le système patriarcal à l'œuvre
À l'époque, les femmes dans la science étaient systématiquement invisibilisées. On les considérait, au mieux, comme des assistantes. Leurs travaux étaient peu publiés, rarement cités, et elles étaient écartées des postes à responsabilités.
Nettie Stevens est donc un exemple frappant de ce qu'on appelle aujourd'hui l'effet Matilda : quand le travail d'une femme est attribué à un homme, non pas par malveillance directe d'un seul individu, mais parce que le système dans lequel ils évoluent est profondément biaisé.
Elle est morte à 50 ans, sans savoir que ses découvertes changeraient la science. Aujourd'hui, son parcours nous rappelle que dans un monde patriarcal, le génie ne suffit pas.