L'énigme des vers de farine
Pour comprendre l'hérédité, Nettie Stevens a choisi d'étudier le ver de farine (Tenebrio molitor). Pourquoi ? Parce qu'ils sont faciles à élever et que leurs cellules sont assez grosses pour les microscopes de l'époque. Elle s'est concentrée sur la production des gamètes (les cellules sexuelles : spermatozoïdes et ovules).
L'observation cruciale
En observant les cellules mâles, elle a remarqué quelque chose d'incroyable. Il y avait deux types de spermatozoïdes :
- La moitié contenait un jeu complet de 10 grands chromosomes.
- L'autre moitié contenait 9 grands chromosomes et 1 tout petit.
Chez les femelles, c'était simple : tous les ovules contenaient 10 grands chromosomes.
"Elle a été la première à comprendre que le sexe n'était pas un hasard, mais une équation biologique."
La conclusion : c'est le petit qui décide
Elle nomme le grand chromosome "X" et le petit "Y". Le calcul était simple :
- - Si un ovule (X) est fécondé par un spermatozoïde (X) = XX. On obtient une femelle.
- - Si un ovule (X) est fécondé par un spermatozoïde (Y) = XY. On obtient un mâle.
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Elle a prouvé que le sexe est un caractère héréditaire déterminé par le père, via ce petit chromosome Y. Cette découverte est le fondement de toute la génétique sexuelle moderne. Le fait qu'un système patriarcal ait choisi de l'ignorer n'enlève rien à son génie.